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dimanche 19 mars 2017

L'aiguail du matin bleu.

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Buées attractives.

Rosée picturale qui demeure sur les herbes, 
à nos lèvres que d'humidité vive 
happée sur les feuilles en creux, et toutes ces perles d'eau captive
qui ponctuent le paysage, richesse des mots, voilà l'enchantement par ailleurs. 
Souviens-toi de l'aiguail matinal, mise en joie, rafraîchissement d'orpailleurs,
chemises de coeurs résiduelles, fenêtres ouvertes, plages de fraîcheur, 
l'air du sel qui s'évapore, éditions de menus mystères, temps chercheur
de thème à redéfinir, il y avait on ne sait combien de bleus recouverts, 
ou d'esquisses de personnages à révéler, présents venus d'ailleurs.
On partait vraiment à l'aventure, pérambulation à l'écoute du chant secret 
des mots, ensevelissement sous les pluies, pour qui rêve, bien-être discret
d'une longue trêve concédée par quelque promenade dans l'intimité 
plastique de la toile, que de découvertes sensibles, discours non imité,
convergence d'écumes infinies, douches de gouttes bienveillantes au surplus. 
On mandait amoureusement à des pauses en s'accordant toujours plus 
de haltes encore, imaginaire pied-à-terre, par exemple la possible splendeur 
d'une caresse, les mouvements éphémères d'un terrestre labeur, subtile ardeur,
réveil de la poésie, condensations, semailles d'inutiles dispersions, 
nos souvenirs partout se recomposaient, aux couleurs vives d'émotions.
Nos passages lunaires égalaient nos sentiments partagés en haut du jour, 
l'amour est éternel en l'instant qui se fait des lits cieux, bonjour
de l'union extraordinaire, fusion douce inattendue en l'oubli du monde 
qui va toujours luttant, évasion par contre, et qui n'a pas de fin, ronde
de la composition alaire, c'est un beau motif, l'amour qui se fait jour,
ce qui est relatif aux ailes permet d'innombrables fervents détours...




mercredi 8 mars 2017

Intangible aspect vivant.

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Ce que l'on ne peut toucher.

Pendant que tu dormais peut-être trop tranquille, 
être dépouillé de toutes réflexions, 
dans la caravelle de ton cœur étourdi, le souffle de la création 
s'est trouvé soudainement mis en péril, 
le vautour de la superpuissance planait sur les ruines 
des plus beaux rêves de l'humanité. 
Quelque chose a fait étincelle dans la grande machine à déposséder, 
l'intuition de vérité, frère humain, ne t'appartient plus, 
ni même la décision.
Prendre du recul pour se donner quelque temps de réflexion, 
pour certains chercheurs sans doute rendus trop savants, 
cela est devenu inutile, obligation informatique de résultat oblige, 
il s'agirait de toujours pouvoir changer au plus vite 
afin de ne pas se laisser distancier, et pour ce faire
il suffirait d'accepter d'être assistés en continu. 
Le problème serait d'autant plus vite résolu une fois l'identité rangée au magasin des accessoires, 
ce serait alors un élément parmi d'autres,
un objet interchangeable à volonté.
Si l'image d'un profil calculé de notre mémoire navigue indéfiniment
dans le dialogue secret des machines, gestion invisible de notre temps,
alors du travail humain, il ne subsistera bientôt plus que des miettes, 
si dans un avenir proche, le moindre de nos faits et gestes 
peut être optimisé, 
à notre insu, tout deviendra égal, l'humanité aura perdu la partie.
Même la philosophie de Nietzsche a été impactée en son temps 
par son travail effectué par le biais de la machine à écrire, 
style incisif, pensée elliptique émaillée d'aphorismes, 
autant d'opérations d'une condensation d'une pensée
exprimée dans un style quasi télégraphique, 
déjà, l'homme sans Dieu,
était en passe de devenir l'ombre de lui-même, 
la plongée de l'être humain dans un monde absurde 
ne se solde pas toujours par quelque tranquille état de folie douce.
 L'aspect vivant demeure l'élément auquel on ne devrait pas porter atteinte, 
qui se risque à transgresser un principe immuable joue à l'apprenti-sorcier.




Intangible aspect vivant.

Plus rien ne faisait bien longtemps nos délices, 
infiltrées de capteurs d'évaluation permanente 
des foules entières entraient en lice, 
la compétition avait gagné tout l'esprit, 
certains pariaient que l'immunité même 
pouvait en être peut-être un jour totalement affectée.

Tu oublieras à jamais l'aurore tendre de l'intimité de la vie 
l'écran a capturé la splendeur d'un été
et jusqu'au souvenir même de la sablonneuse liberté.
Il a pris tout le monde au dépourvu, noctuelles d'un soir,
en dehors de nos humbles contenances,
on a tous plus ou moins travaillé en confidence 
d'une longue chaîne d'espérance, incités 
à capter un retour formel d'appréciation virtuelle, 
travail du calcul intégral d'un regard augmenté, 
festin tragique de la chance, 
le roulage mécanique du hasard 
nous a fait d'une perle artificielle un destin.









"Je vidéo".

Enregistrer, transmettre, diffuser techniquement des images filmées 
de sa vie sur la toile, quel fantastique balayage électronique de l'existence !
Dépossédé du temps long par la traque des moments favorables,
une fois mis bout à bout, tous ces petits évènements filmés au jour le jour 
t'ont mené à l'exil de toi-même, vidéaste de la fabuleuse ombre portée 
de l'utopie, et ta silhouette sans épaisseur s'agite désormais 
à chaque instant sur l'écran de l'hypnose collective, 
juteuse offrande que cette sonde 
permanente de l'intimité, sur laquelle pourtant 
on a personnellement si peu de prise...
Depuis que le pouce bleu et les nombres de vues 
couplés à quelque valeur potentiellement monnayable 
faisaient figures de références sur la toile, 
on pouvait désormais s'assurer que la virtualité était en train de gagner 
la manche, surgir au milieu de nulle part et prendre la pose, 
cela avait remporté l'adhésion d'une majorité d'internautes. 
Savoir lire et écrire, cela commençait déjà à devenir superflu, 
la masse de savoirs étant devenue gigantesque, 
un balayage automatique de textes 
faisant office de résumé semblait suffisant pour nourrir son esprit de chimères.
Et le grand transfert allait bientôt pouvoir avoir lieu, 
il suffisait d'attendre que l'ordinateur ordonne qu'on s'ingénie intégralement 
à y répondre.

L'effacement global de l'ordre coutumier était programmé, 
plus on accumulait de connaissances, 
plus il était évident qu'on allait désapprendre à vivre, 
l'expérience de la limite disparaissait 
au profit de la boulimie de la découverte 
qui améliorait l'efficacité du système,
tout ce qui était destiné à compenser le risque de dérive 
et d'enflure chaotique, 
en réalité servait également à masquer la nature du phénomène, 
soit la recherche de la prise de commande totale de nos vies. 
Ce qui a le pouvoir de reconfigurer la teneur de l'échange, 
c'est la manipulation de nos vies inhérente à la technique, 
tout ce qui sans cesse travaille furtivement sur la toile, 
ce sont autant d'images fabuleuses de la grande dépossession, 
de fait, que l'art de vivre ne se trouve un jour réduit à une formule
est le plus probable.

.










vendredi 3 mars 2017

Le tirant de l'âme du monde.

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Principe spirituel de l'homme.

L'information du principe est à portée de lumière, subtile reconnaissance 
des traces divines d'une respiration semblable à la poésie, 
fameuse proposition transcendante, 
sa plus belle représentation dans le discours du vivant 
épouse la forme du mystère symbolique, 
ébauche magnifique du poème de l'informel.
Souffles harmoniques des mots, tirants d'ancrages du sens, 
vibrations et soulignements d'intuitions sensibles
chaque énergie est conscience, toute émanation fait mémoire, 
l'humanité ne se pense pas sans faire d'histoires.




Sans comparaison.

Il est clair qu'il faut fameusement espérer pour croire qu'on va
pouvoir quelque peu donner du tirant humain à l'encre du temps, 
si la légende d'une future idéologie de la grande rupture 
commence singulièrement à parcourir le monde, et le travaille à coeur,
c'est qu'à ce jour, la réalité mécaniquement transformée 
est techniquement absconse, à l'égal de la post-humanité,
si la nature humaine peut avoir un bel avenir, 
c'est dans le cadre de certaines limites et ce qui s'offre pour faire 
de la résistance au pouvoir impersonnel, 
c'est tout ce qui ne saurait pouvoir être un jour élucidé, 
et c'est immense,
incomparable, l'élévation spirituelle n'a pas de prix.





Incommunicable passage de l'inerte au vivant, conscience du sacré magnifiée.

En substance, tout ce qui peut servir à tirer l'expression du caractère 
est d'ordre spirituell'esprit est un don, fabuleuse voie de l'errance, même
en quête de l'équilibre, il demeure indispensable de s'égarer sur le chemin




L'éternité des âmes.

Pour qui cherche ses mots, traque de la remarque subtile, 
il est plus facile de sortir des sentiers battus, vivre à loisir,
c'est également une belle occasion pour créer d'autres liens, 
si pour faire image, il suffit souvent de rester à l'écoute de ce qui chante 
au-delà des apparences, chaque expression nouvelle qui apparaît
questionne en réalité la forme du corps en soi de l'âme.
Poésie fluide, humeur du tirant d'eau ou roman secret de l'autre, ébauché 
au-delà du tirant de la porte métallique, même dans l'hypothèse de la future transhumance transhumaniste, sans discontinuer, 
l'idée de l'éternité des âmes fait son chemin.





Le grand appareillage.

Moment abstrait d'un sujet en devenir, base de calcul du vouloir, fin idéale, 
idéaux renouvelés, nouvelles valeurs à recréer, à bien dire, il n'y a
pas de fumée sans feu, on prise l'inaccoutumé, 
à l'évidence certains chercheurs parient sur le fait que l'informatique permettra la création synthétique 
d'une nouvelle âme du monde.
Soudain, le temps libre dégagé par la robotisation 
s'est trouvé tout d'un coup rempli de confusion et de chaos : 
la phrase n'est pas anodine, elle cherche à souligner le côté tragique 
de la phase de la disparition du corps du langage coutumier, 
délesté de ses repères  historiques,
le sujet s'est rapidement dissous, il a échangé un peu de tranquillité
moyennant l'acceptation d'un discours formaté utile pour alimenter le nuage,
reste à savoir ce que pourrait produire une automation généralisée 
à toute la planète rendue efficiente par le recours universel 
à l'intelligence artificielle, ce super tirant de l'âme du monde, 
une seule certitude demeure, à ce jour, cela échappe à l'entendement.


Paradoxe post-humain.

La reproduction de l'être humain (mortel) peut ne plus avoir de raison d'être 

dès lors que son identité peut être transférée dans la machine, 
s'il suffit de se déverser pour se mettre en ligne sur le réseau informatique,
sachant que le processus est potentiellement reproductible à l'infini, 
alors ce qui s'affiche comme valide travaille selon l'idée 
d'une duplication sans fin de copies de l'immortalité de son âme... 
et au final l'information tourne en rond, 
l'intelligence artificielle pourrait bien mener sur une super voie sans issue.




Pour mémoire.

Le chant de la vie, divine création impalpable, fait corps au principe vital,
ce qui cherche à s'animer harmonieusement est mû par l'effet lumineux 
de la tige à bouton que l'organiste suprême tire pour appeler un jeu ouvert.








mercredi 22 février 2017

Le froissement de l'avis.

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L'avis froissé.

A cet endroit de l'opinion formatée, pliages forts de formes oxymoriques,
on savourait la peinture abstraite de l'avis conforme, l'indicateur 
le plus révélateur était subtilement roulé, étreinte de papier, 
léger froissement de la concordance, un peu partout, 
on était invité à donner son avis sans contrainte...

Avis d'expert, avis d'analyste, avis de recrutement ou avis de plan social, 
avis sur le dernier épisode de la série Self Control, 
avis favorable ou avis partagés, avis de grève, avis de smog, 
avis de recherche, avis de disparition, 
avis de coup de vent, autant d'occasions 
de changer d'avis comme de chemise, 
jamais on avait été si peu enclin à s'exprimer pour dire
quelque chose de sensé et de durable.
Force est de constater que la veille opinion a concerné tout le monde.
Pour un oui ou pour un non, pour tuer le temps à défaut d'autre chose,
un nombre appréciable de personnes passe son temps 
à partager des avis, on discute sur tout et sur rien, 
on échange des opinions d'ailleurs de plus en plus formatées.
Parfois on note quelques délais attribués ici et là pour préserver
un espace de réflexion, ce qui laisserait espérer 
que de ce terrain en friche puisse surgir un avis un peu plus original, 
on cherche à traquer l'oiseau rare, 
mais dans l'ensemble la multitude d'avis amène,
hélas, l'opinion générale à manquer cruellement d'indépendance, 
de nouveauté.
L'analyse de l'audience sur le réseau numérique alimente 
en premier lieu le thermomètre du commerce, 
au-delà du truisme, par malice, 
il est amusant de souligner que les données ont toujours un prix
question de sens, la langue française est harmonieusement riche, 
pleine de subtilités savoureuses, autrefois très prisées dans la diplomatie
ou chez les chansonniers, 
ces drôles de gens qui savaient nous amuser 
d'un rien, époque ô combien révolue !
Quand on parle d'impact de la communication, on vise à faire fort, 
on travaille à manipuler l'opinion sans se préoccuper 
de quoi que ce soit d'autre, force est de constater que l'efficacité 
de la tactique est devenue l'unique valeur, 
la question morale de l'estimation par le chiffre
ne semble même plus pouvoir être délibérément affichée au programme
d'un parti politique qui aspire à exercer le pouvoir de manière responsable.
Pour la majorité de l'opinion, on aurait eu bien tort de chercher 
à s'en plaindre, si on se paye mots, qui cachent nombre de formules, 
c'est bien que la liberté d'expression n'a pas de prix.

Concevoir ce que peut représenter l'avantage d'utiliser un langage soutenu
n'entre plus dans la grille de programmes calibrés 
pour gagner la course à l'audimat, à force de calcul optimisé, 
on a fini par tous tomber d'accord 
et à peu près sur tout. De plus en plus souvent, le temps presse,
ce qui force tout le monde à s'exprimer par raccourcis 
dans un langage appauvri, on accumule des pensées de morts-vivants. 
Il paraît qu'en laboratoire, des chercheurs sont parvenus
à créer une cellule zombie, grâce à l'emploi d'un adjuvant,
et la cellule morte mais toujours fonctionnelle 
s'est trouvée dotée de performances décuplées 
par rapport à certaines de ses capacités observées de son vivant :
ces cellules zombies peuvent travailler sans arrêt, 
voilà qui devrait nous laisser songeurs...




Le froissement de l'avis.

Sur le forum de discussion, personne n'avait froissé personne, 
d'ailleurs, une bonne partie de l'animation se faisait de manière 
automatique, c'est dire si on pianotait dans le respect des règles, 
mais à la longue, chaque avis donné était invariablement déformé, 
et sans vraiment s'en apercevoir, on finissait par aimer se perdre 
dans les multiples faux plis de la virtualité toujours plus apte 
à distordre une réalité remplie d'expressions triviales,
traversée de crises diverses et variées.
Au début, cela pouvait avoir semblé rassurant, 
ce côté partage en toute égalité,
et c'est ainsi que, sans s'avouer conformiste, 
on avait fini par tous porter un pantalon en jean, 
des baskets et un t-shirt de marque, 
plus personne ne pouvait le nier, en apparence, 
on vivait décontracté, on avait même l'impression d'être plus libre
c'était tellement vrai qu'on avait toujours la possibilité
d'opter pour la couleur qui détonne et la possibilité de personnaliser 
le motif du tissu d'un canapé design fabriqué 
à des millions d'exemplaires identiques.

Dans l'univers de l'informatique, en haut lieu, on pouvait dire qu'on avait atteint l'objectif ambitieux qu'on s'était fixé, 
intégrer toujours plus de valeurs personnelles dans une forme 
de communisme virtuel,
en vérité, on était même en train d'atteindre le sommet, 
bref on touchait au but, par consentement volontaire ,
tout le monde s'engageait à se désengager !
ainsi on n'avait même plus de temps disponible pour l'ennui, 
consommer de la culture, ce n'était pas une mince affaire non plus. 

Bruit, rumeur, trop forte pression, mésentente légère ou
affrontement de caractères, susceptibilité, 
tout ce qui se passe sur les réseaux sociaux est affaire de désir 
ou de travail de l'inconscient collectif, il demeure toutefois possible 
que la machine vienne un jour, sans crier gare, à s'emballer. 
L'épuisement des ressources peut s'accomplir par la mise à feu du désir.
kôan :
Avis, pourquoi battre des deux ailes si tu as abandonné l'espoir de la migration ?  






samedi 18 février 2017

La réalité déserte.

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La réalité mouvante de notre existence.

Désert flamboyant du monde savant qui a voulu tout essayer, 
pays aride, inhabité, sauvage, désormais l'aspect physique des choses 
vient se confondre avec l'espace terne où il ne se passe presque plus rien.
Vision technique sans expression, toujours plus équivoque, 
il n'est plus temps de se remémorer infiniment
d'une réalité où il n' y a manifestement presque plus personne.

Dans la flaque du temps flou dont la marche s'accélère, 
la fleur de milliers de mots vient se dissoudre
troubles dans le royaume de notre insouciance, 
incertitude d'un rayonnement dans les cercles brillants de nos idées confuses, 
tout ce qu'on peut constater plus précisément,
c'est que nos traces, nos empreintes deviennent de plus en plus légères.
Alors l'enthousiasme s'invite dans le récit, pour tenter d'assurer l'équilibre,
même si tout va à la dérive, part en vrille.
Le chemin de sa maison, plus personne ne le connaît vraiment, 
c'est un fait nouveau, on s'éloigne de la vie coutumière 
car le travail est fini ou peu s'en faut, il est urgent de le réaliser.
Quelque chose s'est produit et cela s'est passé à notre insu, 
depuis, on vit de manière frénétique, plus rien n'est vraiment stable.
Pourtant, il y a toujours quelque chose qui grandit en apparence, 
les recherches se multiplient pour suivre la piste unique, 
cela donne l'impression que l'on se jette la tête la première dans la fascination de la disparition. 
Quelques traces de nos vies perdurent tant bien que mal sur la toile, 
certes le nombre de connexions augmente sans cesse, 
mais cela ne colle plus à la réalité. Rien de magique à cela, 
ce n'est pas involontaire non plus, ni même instinctif
au final, pour que le moteur de recherche s'en trouve enrichi,
on accepte de se déposséder de tout.

Il y a encore peu de temps, suivre une trajectoire de manière originale, 
cela pouvait s'apprendre, parfois par un passage solitaire,
il fallait quelques fois accepter de passer beaucoup de moments 
à progresser dans la poussière, juste retour des choses,
le nettoyage en soi en était rendu souvent plus efficace.
Il suffisait de ne pas se laisser aller à suivre le courant d'opinion, 
il fallait continuer sur le chemin choisi, 
avancer sans s'interrompre ni se laisser distraire ; 
même sans visite extérieure, on pouvait se recueillir, s'épanouir. 
Aucun mot ne peut le décrire, ce temps passé entre parenthèses, 
il faut le vivre, 
désormais, il est devenu quasiment impossible de s'en souvenir.

Comment cela se présente si on se risque à quitter le périmètre délimité 
et d'ailleurs y a -t-il encore une position de vie exactement repérable 
dans la société liquide ?

La réalité déserte.
Observer, suivre quelque chose, poursuivre les recherches, 
rester, continuer malgré tout, réfléchir, 
pourquoi, pour qui toutes ces pousses du temps cassées net,
pour rattraper le temps perdu, ou pour faire semblant de continuer?

Faire des observations très précises, 

soutenir une action par des efforts physiques,
choisir une direction, avoir de la patience, 
autant d'attitudes devenues inutiles à l'ère des robots, 
alors il n'est pas rare d'éprouver 
l'étrange sensation que le sol se dérobe sous nos pieds.
Tout change de direction et d'apparence, on croit se diriger 
vers la montagne, on s'aperçoit qu'on dérive en plein chaos.
Immédiatement, au moindre signe de la machine, 
on  arrive, on obéit, si elle nous ordonne de ne pas bouger 
avant les premières lueurs de l'aube,
de son mot d'ordre, on ne discute même plus le bien fondé, 
et pourtant on a la nette impression de naviguer à vue...

On nous ordonne de cheminer à l'identique 
sur les traces d'autres gens,
l'art de vivre a supplanté la vie, et c'est devenu du pareil au même.
Il n' y a plus de vraies empreintes repérables sur le terrain, 
un éclat de virtualité a fait sensation, désormais
si le moindre détail compte, c'est pour contribuer à la simulation,
jouer un rôle, c'est devenu l'unique qualité qu'il est bon d'avoir.
Aller de l'avant sans trop réfléchir ne semble plus de mise, 
néanmoins, on avance sans prendre le temps de s'arrêter, 
ni de se retourner sur toutes ces heures de marches fictives 
passées en effet à surfer insoucieusement sur la toile. 
Cependant cela s'accumule discrètement, 
des années de déambulations de sites en sites, 
rien de moins anodin, 
et ces marques laissées par chacun de nous, 
qui les a fait, les fera fructifier?

Qui va porter attention au moindre détail sur le sol réel 
si le regard est vissé sur l'écran du téléphone portable ?
Ainsi absorbé dans une même pensée, un drôle de jeu
peu à peu est en train de capter toute l'attention de la jeunesse 
d'un pays, et un nombre toujours plus grand de 
gens a tendance à marcher toujours à la même vitesse.
On a déterminé la qualité optimale de la foulée d'une personne,
et vous découvrez alors avec étonnement que votre second pied 
s'est posé là où il fallait, parce que cela a été optimisé 
par des calculs complexes dont vous ignorez la source.
Comment le savez-vous ? cette petite pâquerette, là, 
qui commence à se faner, a bien été piétinée, 
marchant libre, en pleine conscience de vous-même,
vous auriez sans doute posé le pied ailleurs.

Persuadé que cela pourrait toujours aller mieux,
on se presse de s'en remettre entièrement à la machine, 
ainsi fait, nos vies deviennent plus que transparentes.
Personne n'a plus besoin de personne,
et quand il n'y a plus rien à attendre d'autre, 
on peut perdre espoir, alors il ne reste plus qu'à 
prendre tout son temps ; 
simple observation de l'existence qui s'écoule, 
et c'est une vraie bénédiction. 
Rares sont les occasions de tirer les leçons de son expérience, 
fragmentation du monde, solitude d'ensemble,
enfin, si tu réalises que tu t'es perdu, pour 
sentir la terre s'adoucir, naturellement
va tranquillement t'asseoir.





mardi 7 février 2017

L'exception liquidée.

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Il n'y a plus d'exception pour personne.


Quatre milliards de battements pour un coeur humain, 
divine action d'excepter, un milliard pour le coeur de l'animal,
mais combien pour les chimères hommes-cochons, 
hommes-moutons qui vont bientôt naître en laboratoire ?
Kôan : Comment rendre un actif liquide ? 
La solution d'amélioration est souvent radicale.
Le coeur artificiel ne fera plus exception pour l'homme bionique.




..





Champs d'aventure des algorithmes.

A des années-lumière, ce n'est qu'une formule 
pour dire que cela fait plein d'interrogations à notre corps craintif,
en bien ou en mal, il est si simple de foncer à vive allure
 sans penser à l'avenir.


Dans l'entaille du monde, dans la figure vive d'une réverbération de l'être,

l'algorithme se destine à faire toute la lumière, sur quoi ?









à bout de misères 



existence hors d'haleine,
 marcheur des démesures, flâneur des multiples rives virtuelles,
tu as fait la rencontre de ta vie, quelque part téléguidé.
Tu es seul sans être seul à t'aventurer dans le réseau,

il y a ce mince regard, sans dérision, debout à ton flanc, 
qui observe par le menu le moindre de tes faits et gestes,
un nouveau venu est en train de penser à ta place par écran interposé.
Pour déjouer le hasard ?












à l'avenir, plus 
d'exception.


Plus ou moins loin vers l'intérieur, tu fais un voyage surprenant,
réflexion faite dans une maison vide, en l'absence de tout
le silence salue tout le monde.

Tu n'es pas arrivé là pour être reconnu singulièrement,
le retranchement s'accompagne trop souvent d'un secret jugement,
tu es simplement revenu, présence à ce qui arrive.







Gravité de n
os vertus silencieuses.

Pars, le soir, pour une simple et unique raison, 
parce que quelque chose tempête
dans la frontière brouillée entre les espèces
légalisation de tout, l'égalisation de tout, 
il paraît que cela avance dans le bon sens,
alors pars, pleins phares sur les gouffres
des connexions, une fois pour toutes déterminé
marche, écoute, recueille la parole vivante
qui dénoue les liens fatals de la virtualité.



L'exception liquidée.

Temps libre, toiles, déserts, le réseau, 
la trappe informatique, l'horreur banalisée sur l'écran.
Une occasion rêvée, à tout prendre, de s'évader.
Chers étalonnages des rencontres, 
qui font feu de tout bois, montagnes de dettes affectives,
reflets de ciels bleus, couleurs de cruauté tendre,
droit suspendu, l'état d'exception est sans cesse reconduit,
c'est donc qu'il n'y a plus rien d'exceptionnel.
Les règles ordinaires n'ont plus cours,
tout ce que tu vois de beau est mis hors de ta portée.
Un boulevard s'offre à nous sur le Net,
à chacun sa chaîne sur le réseau, de la joie d'être branchés,
à l'heure servile, on s'est fait l'animateur zélé.

Où vas-tu, intégrité de mon âme, ailleurs te faire héberger ? 










Liquidation explicite

Langage travaillé au noir, langue fumée de l'espoir, 
à force de tout assumer, à force de se contenter de décrire,
à force de numériser à même l'idée de la disparition de l'histoire,
à force d'effectuer le transfert de la mémoire, de tout mettre dans la machine, 
le temps de la prise de parole s'est trouvé brouillé par la statistique,
de plus en plus de gens ont le sentiment d'avoir vécu en vain, 
le feu du néant, depuis peu brûle plus ou moins en chacun de nous. 








Définitivement.
Homme aux labeurs, orpailleur du futile
au gré de ton désir,  aux mains des dirigeants de l'ombre,
en proportion de ton aspiration dissipée dans les vents,
il y a ta vie en vidéo, lancée dans la course aux nombres de vues sur toile.

Tu n'as plus jamais voyagé autrement,
attiré vers l'autre,  en plein pays virtuel,
dans l'oubli du jour de ta naissance,
tu as eu bien des fois plein d'étoiles dans les yeux
en dehors du monde, il est vrai, on est plus facilement ébloui.
Chiffré par la pureté maléfique de la bête, 
drôle d'avènement, d'autres forçats de la science forceront le trait
de la transgression, 
la vigilance ne fait plus partie de notre dignité.







 Encerclement, à cause de toi, sans exception.

Comme la feuille courage du chiendent
sans cesse piétinée, qui toujours se redresse,
 comme l'épargne dans nos jours
 du désordre universel,
comme au centre du monde augmenté
il y a plein de petites apocalypses.
Des pluies de cortèges cosmiques vont nourrir les machines à rêver,







lumière dans leurs yeux rapaillés d'or,









pour que cela nous dépasse
il y a de fortes chances.